Je range mes vieux papiers de quart, et je retombe sur les CV que j’ai écrits au fil des années… à chaque fois plus courts, comme si on me demandait de résumer une vie de mer en quelques lignes. Un ancien chef de pont me disait autrefois qu’un homme qui ne peut pas dire ce qu’il vaut en une page ne vaut peut-être pas grand-chose non plus… Je ne sais pas si je suis d’accord. La mer ne pardonne rien, et elle forme des hommes et des femmes avec des parcours qui ne se laissent pas enfermer si facilement. Entre deux rotations, deux navires, deux certifications, il y a parfois plus à raconter qu’une simple ligne de tableau…
Alors je me demande, vous qui avez embarqué sur bien des quarts de carrière… un CV offshore doit-il vraiment se contenter d’une page, quitte à sacrifier l’expérience, ou peut-on, sans tomber dans le roman, laisser respirer un peu le parcours ?